La mort annoncée du deejaying

Depuis quelques mois, voire quelques années, le monde du deejaying est en effervescence et crie à la réalisation des prophéties mayas. La raison? Le sync button (ou bouton de synchronisation pour les francophiles) qui est apparu sur la plupart des contrôleurs DJ ou des logiciels de mix.

Pour faire simple, ce bouton permet d’ajuster automatiquement le tempo de deux morceaux dans le but de pouvoir les enchaîner, chose que les DJs faisaient manuellement, et à l’oreille, depuis plus de 30 ans.

Il n’en a pas fallu plus pour que la secte des puristes annonce la mort de notre culture et l’invasion de jeunes DJs incompétents sous-payés qui viendraient voler nos emplois… On croirait entendre un remake du plombier polonais version clubbing.

Soyons clairs, la mort de la culture DJ n’arrivera pas après une avancée technologique mineure mais bien une fois que la starification des DJs nous aura tous fait passer pour des membres de boys bands juste bons à lever les bras et à regarder le ciel le front en sueur.

Certes, il est plus facile aujourd’hui d’apprendre à mixer. Mais on avait déjà prédit une déferlante de DJs et le durcissement de la compétition avec l’arrivée des logiciels Serato ou Traktor. Il n’en a rien été, et ceci pour une raison simple : la technique de mix n’est de loin pas la seule compétence à acquérir avant de faire une soirée dans un club. La connaissance musicale, la sélection, la gestion de soirée ou la cohérence des enchainements sont largement aussi importants. Et pour ça, il n’y aura jamais d’aide technologique.

Ce qui me fait gentiment sourire, c’est que les DJs les plus forts techniquement de la planète ne se posent pas de question et utilisent les évolutions technologiques comme de nouveaux outils. A l’instar de DJ Craze, triple champions du monde DMC que l’ont peut voir mixer sans casque.

Car il y a bien deux façons d’appréhender une évolution comme l’arrivée du bouton sync. Soit on le considère comme un moyen de tricher, soit on le voit comme une nouvelle arme qui permettra de faire progresser nos sets. Personnellement, je privilégie largement cette dernière approche. Depuis que j’ai remplacé mes lourds et volumineux sacs de vinyles par un ordinateur, je fais des boucles, je modifie la structure des morceaux, j’édite les versions originales, je m’amuse avec les cue-points, etc, etc. Je ne peux donc que me réjouir de l’arrivée de la synchronisation qui me permettra de faire progresser la créativité de mes sets et de me différencier des autres djs.

Depuis la fin des années 70, la technologie n’a cessé d’évoluer pour épauler les DJs dans leur travail. La MK2, la prise casque, le cross-fader, le cross-fader digital, Serato, Traktor, les contrôleurs et maintenant le sync button. Ces évolutions n’ont jamais rendu un mauvais DJ bon, mais elles ont rendu des bons DJs meilleurs.

DJ Green Giant

9 réflexions au sujet de « La mort annoncée du deejaying »

  1. Il n’y a que les Dj sans talents pour perdre leur temps à se battre contre un bouton ou contre une technique, je dirais même que les 99% d’entre eux ne sont rien d’autre que de gros branleurs qui n’allongent pas même un scratch dans leur mixs, et dans ce cas pourquoi persister sur un vinyl ?
    Pour montrer que tu as une collection de machin faits pour prendre la poussière et qui craquent a mesure que le temps passe ?
    Nous faire écouter des reliques déja chiées et vomies autant qu’une compile de Bob Marley ?
    Le support ne fait pas l’artiste. La technique non plus.
    Achète-toi une gratte connard et arrête de nous les briser tu pourras te prendre pour un zikos après.
    TRAKTOR ADDICTED
    Zink.

    •  » Il n’y a que les Dj sans talents pour perdre leur temps à se battre contre un bouton ou contre une technique  » pourquoi tu craches sur les vinyles alors ?

      Évidemment qu’on est fier de montrer sa collection, de passer chez un pote pour mixer avec les siens, de discuter avec son disquaire, de pouvoir  » toucher  » les musiques qui nous plaisent, etc et alors ? Au final on trouve une majorité d’articles  » défendant  » l’usage du sync que l’inverse tu trouves pas ?

      PS : Scratcher dans un set de musique électro pour le coup a part montrer qu’on sais le faire c’est sans intérêt.

    • …. »La collection a chiés et vomies » n’existe tout simplement pas autrement qu’en vinyles .. Le support peut jouer en fonction de l’artiste et de l’utilisation, pour ce qui est de ton audition, on sera tous d’accord sur le fait qu’un de tes « connards » de tympan flanche….

    • Le vinyle est un petit monde passionnant, et surtout dans la musique électronique. Mais bon, ton commentaire laisse penser que tu n’es pas allé plus loin que le rayons « vinyles » de ta fnac locale.

      Autrement, je pense que le débat n’a aucun sens, puisqu’il y a tellement de DJ différents… du type DJ de mariage (un animateur) au DJ/producteur (un artiste), en passant par le DJ de clubs ou bars (un technicien si on y réfléchit).

      Je comprends tout à fait qu’un type qui doit mixer très régulièrement au même endroit ne peut pas se permettre le disque au risque de jouer tous les jours la même chose. Qu’un DJ de mariage ait envie de limiter le poids de son matos avec des galettes noires (déjà bien occupé par tout le reste).
      Le producteur n’a pas forcément ces problèmes là. Quand il joue il rapporte son monde et le vinyle est très fort pour ça puisqu’on sent que c’est un humain qui pousse les disques. Un calage à l’oreille n’est pas le même que celui d’un machine, c’est une histoire de groove, pas de 1 et de 0.

      Par rapport à la créativité, j’ai toujours pensé qu’un vrai génie créatif est quelqu’un qui est capable de créer dans les contraintes. La créativité est stimulée par les contraintes ! Utiliser les possibilités qui sont devant nous c’est juste du jeu.

      Chacun fait ce qu’il veut. Mais parfois on atteint des niveaux de débilité tels que certains mecs se permettent de dénigrer les choses qui ont construit leur passion, genre le type à qui je suis en train de réponse. Ouai le mec qui semble avoir oublier que sans le disque physique, la musique enregistrée n’aurait jamais existé.

      Et pour finir. Mes disques dans 20 ans je les montrerai à mes gosses en leur racontant toutes les belles histoires qui les accompagnent. Toi bon, bah, tu leur fileras une clé USB c’est pas grave. À moins que tu auras déjà oublié tout ça.

  2. Un bon dj et un dj mort. Si il y a pas de création musical n’importe quel mongol peut faire un set. En fait être dj c’est être ridoo… Bon Ok, je sort….

  3. Vive la technologie! Les vrais pros utilisent mixinkey, le logiciel qui choisi pour toi LA bonne track à jouer derrière! Indispensable pour réaliser LE parfait Mix harmonique, ou bien LE mix bien pêchu, y a qu’à choisir! Tip top ce truc!. Vive la technologie! Aussi, je préfère payer 15€ ou 30€ pour aller voir un « ordeejay » sur scène. En effet, quel interêt d’aller voir un type (ou une nana) qui travaille un mix à la maniere d’un chef d’orchestre et qui calle des disques à l’oreille, tel un acrobate sur un fil qui peut se crasher à tout moment? Quel intérêt d’aller voir un type qui choisi à l’oreille une mélodie ou un rythme qui s’harmonise avec la précédente pour quelle sonne comme papa dans maman? Oui je vous le dis: vive la technologie!

  4. bientôt on demandera c’est quoi le nom de scène de ton mac ?
    J ai rien contre la technologie je passe du vinyle au serato sans problème mais GARDONS NOTRE CREATIVITE !!!

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